Le dispositif fiscal « Malraux » permet aux propriétaires d’immeubles bâtis situés dans
certaines zones protégées qui y effectuent des travaux en vue de leur restauration complète de
déduire certaines dépenses spécifiques et d’imputer leur déficit foncier sur le revenu global
sans limitation de montant.
Ce dispositif est modifié pour les demandes de permis de construire et les déclarations de
travaux déposées à compter du 1er janvier 2009.
L'avantage fiscal du régime « Malraux » est transformé en réduction d'impôt.
Cette réduction d’impôt est égale à 30 % en zone de protection du patrimoine architectural,
urbain et paysager (ZPPAUP) ou 40 % en secteur sauvegardé de la totalité des dépenses
supportées en vue de la restauration complète d’un immeuble bâti dans la limite annuelle de
100.000 €.
Affectation des immeubles
La réduction d'impôt s'applique :
- aux locaux affectés à l'habitation avant et après la réalisation des travaux et aux locaux
destinés originellement à l'habitation et réaffectés à cet usage. Sur ce point, la situation
applicable aux opérations éligibles avant 2009 ou à compter de 2009 n'est pas
modifiée.
- aux locaux affectés à un usage autre que l'habitation n'ayant pas été originellement
destinés à l'habitation. Cette mesure nouvelle a pour effet d'encourager les
restaurations complètes des immeubles dont le rez-de-chaussée est souvent affecté à
un usage professionnel.
En revanche, l'avantage fiscal ne s'applique pas à la transformation de locaux à usage
d'habitation en locaux professionnels
Nature de l'opération
L'opération de restauration doit:
- être réalisée en vue de la restauration complète d'un immeuble bâti,
- et avoir été déclarée d'utilité publique. Cette deuxième condition ne s'applique pas
dans le cas où le plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) est approuvé.
Les travaux doivent donc aboutir à une restauration complète d'un immeuble bâti.
Par conséquent, sont exclus les travaux qui n'en permettent qu'une restauration partielle. En
revanche, il n'est pas nécessaire que les travaux portent sur toutes les parties de l'immeuble,
lorsque certaines d'entre elles ne nécessitent aucune intervention.
Par ailleurs, la loi supprime la condition relative à l'initiative de l'opération de restauration
immobilière.
Dépenses éligibles à la réduction d'impôt
La réduction d'impôt s'applique au montant:
- d'une part, de certaines charges foncières de droit commun
Il s'agit notamment :
- des dépenses de réparation et d'entretien,
- des primes d'assurance,
- des dépenses d'amélioration afférentes à des locaux d'habitation, à l'exclusion des frais
correspondant à des travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement,
- des dépenses d'amélioration afférentes aux locaux professionnels et commerciaux
destinées à protéger ces locaux des effets de l'amiante ou à faciliter l'accueil des
handicapés, à l'exclusion des frais correspondant à des travaux de construction, de
reconstruction ou d'agrandissement,
- des impositions autres que celles incombant normalement à l'occupant perçues au
profit des collectivités locales,
- des frais de gestion.
- et, d'autre part, de dépenses spécifiques à la restauration de l'immeuble
Toutes les dépenses relatives aux travaux imposés et/ou autorisés par l'autorité publique sont
éligibles à l'avantage fiscal.
Ces travaux s'entendent de ceux réalisés, avec l'accord de l'architecte des Bâtiments de
France, en conformité avec les prescriptions mentionnées dans la déclaration d'utilité publique
(DUP) ou dans le plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) approuvé.
Le prix d'acquisition de l'immeuble ne constitue pas une dépense éligible.
Les dépenses peuvent être réalisées dans le cadre d'un contrat de vente d'immeuble à rénover
(VIR) prévu à l'article L.262-1 du code de la construction et de l'habitation
Les dépenses prises en compte dans le calcul de la réduction d’impôt ne seront pas
déductibles des revenus fonciers.
Pour être éligibles à la réduction d'impôt, les dépenses doivent être supportées par les
contribuables à compter:
- soit de la date de délivrance du permis de construire (PC),
- soit de l'expiration du délai d'opposition à la déclaration préalable (DP),
et jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivante.
Engagement du propriétaire
Jusqu’à présent, le propriétaire devait s’engager à louer le logement restauré pendant 6 ans.
Cette durée passe à 9 ans.
La location doit prendre effet dans les douze mois suivant l'achèvement des travaux.
Lorsque les dépenses de restauration portent sur un local à usage d'habitation, le propriétaire
doit s'engager à le louer nu, à usage de résidence principale du locataire. La location doit
être effective et continue pendant la période d'engagement.
L'engagement de location doit prévoir que le locataire est une personne autre qu'un membre
du foyer fiscal, un ascendant ou un descendant du contribuable.
Cette condition de location doit être respectée non seulement au moment de la signature du
bail, mais également de façon continue pendant toute la période couverte par l'engagement de
location.